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Découverte majeure sur le site paléolithique d'Ormesson

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  • 14-12-2011
  • Un scoop chez les Néandertaliens d’Île-de-France

Situé à proximité de Nemours, le site d’Ormesson a révélé une découverte inédite pour la connaissance du Paléolithique régional : des colorants.


Depuis 2009, des fouilles sont réalisées chaque année sur le gisement paléolithique des « Bossats » à Ormesson, près de Nemours (Seine-et-Marne), sous la direction de Pierre Bodu, chercheur au CNRS. Elles ont récemment livré des vestiges contemporains de l'homme de Néandertal dont, fait inédit en Île-de-France, des colorants.


Une découverte inédite en Île-de-France : des colorants utilisés par des Néandertaliens !



Colorant strié

Cliché S. Oboukhoff - D.R.

La figure ci-contre correspond à l’un des colorants retrouvés sur le site. Il s’agit de blocs d’hématite-goethite de couleur rouge, brun, jaune. Sur une ou plusieurs de leurs faces, on observe des stries, des marques de raclage qui évoquent un prélèvement de poudre colorante.


À Ormesson, on compte désormais une dizaine de blocs ainsi exploités par les Néandertaliens pour produire de la poudre. Il s’agit là d’une découverte totalement inédite pour un gisement du Paléolithique moyen au nord de la Loire. Ailleurs, dans le sud-ouest français, quelques colorants ont été découverts dans de rares gisements. Seul le site du Pech-de-l’Azé, en Dordogne, en a livré un grand nombre : plus de 500 blocs et fragments.


Si les colorants sont très utilisés au cours du Paléolithique supérieur (40 000 – 10 000 ans), notamment pour l’exécution des peintures en grotte, il n’en est pas de même durant le Paléolithique moyen (250 000 – 40 000 ans) puisqu’aucune peinture pariétale n’est connue - jusqu’à présent - pour cette vaste période. L’étude des colorants d’Ormesson nous apportera des informations essentielles sur la ou les fonctions pratiques, symboliques ou esthétiques de la poudre colorée dont, pour le moment, l’usage nous est inconnu.

Un site prometteur

Le sol moustérien

(Paléolithique moyen)

Cliché P. Bodu - D.R.

Dès 2009, le gisement d’Ormesson a livré une occupation gravettienne (Paléolithique supérieur), datée de 24 000 ans avant J.-C., qui correspond à un camp de chasse au bison et au cheval.

À l’occasion d’une vérification de la hauteur de la stratigraphie, un second niveau d’occupation a été découvert fortuitement à 2,50 m sous la surface du sol actuel. Celui-ci est daté de 47 000 ans avant J.-C. Il correspond à une implantation moustérienne (Paléolithique moyen), contemporaine de l’homme de Néandertal, d’une surface minimum de 400 m².

Si moins de 5 m² ont été fouillés jusqu’à présent, ils n’en ont pas moins livré de très abondants vestiges parmi lesquels une grande quantité de silex taillés, des ossements de bisons et de chevaux, des foyers et, surtout, des colorants.

Bibliographie

  • Bodu P., Bignon O., Dumarcay O, Le gisement des Bossats à Ormesson, région de Nemours (Seine-et-Marne) : un site gravettien à faune dans le Bassin parisien, Paris, Société préhistorique française, Mémoire LII, 2011, p. 259-272.